Spectacle "Une CArMen en Turakie" au théâtre de La Criée,
à tarif réduit (11€ adhérents, 8€ 12-25 ans, 6€ -12 ans)
Au programme : "Une cArMen en Turakie", écriture, mise en scène, scénographie : Michel Laubu, compositeur : Georges Bizet.
Le Turak Théâtre s'empare avec bonheur du chef-d'œuvre de Bizet dans une version marine : théâtre d'objets en tous genres, orchestrations audacieuses et marionnettes à taille humaine manipulées à vue. Un bain de jouvence pour tous publics !
Vous devez signaler votre venue sur notre site Internet puis procéder à votre réservation au plus tôt et à son règlement auprès du théâtre de La Criée au 04 91 54 70 54 ou sur place au 30 quai de Rive Neuve Marseille 7ème.
Pour retirer votre place au tarif réduit, il vous faudra présenter votre attestation d'adhésion, téléchargeable via votre profil.
Attention, ce qui indispensable est la réservation auprès du théâtre de La Criée et pas le rappel automatique sur le site de Marseille Autrement !
La Turakie, c'est ce monde reflétant le nôtre où tout acquiert une densité fantaisiste et poétique, c'est là où le Turak Théâtre a son royaume, dans lequel il choisit d'inviter une amoureuse mythique : Carmen ! Dans une joyeuse infidélité par rapport au modèle de Bizet qui n'en dénature ni le récit ni la saveur, le Turak Théâtre offre un opéra de poche où les monstres marins donnent de la voix, où les rôles sont tenus par des marionnettes à taille humaine, et dont les interludes sont joués par un orchestre miniature de crustacés. La partition revisitée qui alterne enregistrements, samples et musique live est à l'image de ce théâtre d'oripeaux, d'objets récupérés, de copeaux d'imaginaire et de bribes de rêves qui gagne dans sa pauvreté choisie une fraîcheur et une poésie sans égale.
Ce qu'en pensent les critiques
Par Trina Mounier, Les Trois Coups :
Jubilatoire
Michel Laubu est loin d’être un inconnu à Lyon où, il y a plus de vingt ans, il a planté les frontières mouvantes de sa Turakie. Depuis, il a fait son chemin, sans jamais épuiser la veine de ce théâtre d’objets, de récupération, de marionnettes. Avec cette « Carmen en Turakie », il affronte pour la première fois un opéra, et aussi un texte. Une incontestable réussite.
Même si ses contours sont flous (cette fois-ci la Turakie a plongé au fond des mers, ne me demandez pas pourquoi), au fil du temps, la Turakie nous est devenue étrangement familière. Elle recouvre le plus sûrement l’univers de Michel Laubu, son père, qui pourrait, avec Rimbaud, dire : « J’aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d’église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l’enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs ».
Le monde de Michel Laubu est fait d’objets vieillots, cabossés, qui ont servi, ont eu une vie et en retrouvent une nouvelle dans ses mains. Il est aussi métamorphose permanente puisqu’une cruche va devenir personnage grincheux au nez constamment tourné vers le sol, ou rigolard s’il est tourné vers le haut. Il est ensemble d’éléments détournés, jamais isolés, toujours rafistolés, se transformant en béquilles, supportant emplâtres, entourés de toile de tente, morceaux de Scotch, collés à autre chose avec un bout de ficelle, une corde, du fil électrique, allumés souvent, en tout cas au figuré, quand ils n’ont pas tout simplement disjoncté. Parfois, ce sont les comédiens qui se changent en lampadaires (comme dans ce spectacle), c’est-à-dire accessoires dans toutes les acceptions du terme. Avec Michel Laubu, on entre en Turakie comme en poésie, on a intérêt à abandonner au vestiaire sa jugeote, son sens critique, faut lâcher la bride à l’imaginaire et se laisser embarquer.
Émerveillement, humour et joie de vivre
Ici, on va voir des planches à repasser devenir des taureaux furieux, des hippocampes jouer les trompettes, des crabes mués en parasols, à moins que ce ne soit l’inverse. Et comme il a décidé de transporter sa Carmen dans l’océan, voici venir sur le plateau un vieux phare mythique, l’Ar-Men, un bateau pneumatique, un explorateur en scaphandre, une plage avec ses baigneurs, au diable la logique, la mer c’est toute la mer, dessus dessous et même à côté ! Inutile de dire que non seulement on est sans arrêt surpris, mais encore on s’émerveille et on rit beaucoup. Car l’ingrédient universel de la Turakie est la joie de vivre dont ses membres ne sont pas avares.
Alors, que peut devenir un opéra qui, même s’il est flamboyant, exige rigueur et minutie. Sans parler d’un orchestre… Qu’à cela ne tienne ! Et, pour commencer, précisons que les spectacles du Turak ne sont rien moins qu’improvisés. Tout est ordonné, réglé, minuté, millimétré. Le fouillis n’est qu’apparent, le brouillon une coquetterie. Et si l’opéra qu’il nous propose est insolemment déconstruit, on en reconnaît les airs fameux qui surgissent dans le désordre, mais finement intégrés à l’action, et de préférence en semant l’humour sur leur passage. Cette action avec laquelle le metteur en scène prend bien des libertés puisque, autre exemple de son intarissable gaieté, il choisit une happy end pour sa Carmen, peuplant le plateau de poussettes qui tournoient comme sur un manège où nous sourient plein de bébés Carmen…
Ingéniosité et intelligence
Il faut encore dire un mot de la beauté des marionnettes, de l’intelligence qui a présidé à l’élaboration de leurs costumes : la robe de Carmen éblouissante comme le rouge de ses lèvres dans la blancheur de craie du visage, sa chevelure faite de vinyles bouclés et brillants, les tresses de Micaëla qui se déploient puis se referment sur Don José… Les masques sont magnifiquement dessinés, et les comédiens-manipulateurs qui les portent les utilisent en plusieurs dimensions, créant ainsi des ambiguïtés supplémentaires. Ces comédiens qui savent faire vivre leur marionnette et s’effacer avec élégance.
Saluons aussi l’ingéniosité des décors, à l’instar de ce lit d’amour dont le sommier deviendra la prison de Don José et l’introduction d’une autre nouveauté, celle de films d’animation qui opèrent comme autant d’intermèdes, annonçant chaque changement d’acte et le résumant d’une formule lapidaire. Et que se passe-t-il dans ces petits films délicats ? On y découvre un orchestre de crabes, de moules, de langoustines qui jouent des castagnettes, du violon, du trombone, du violoncelle et rendent accessible aux plus jeunes la musique de Georges Bizet. C’est délicieux, ça apporte du rythme, c’est une autre façon de donner à voir et à entendre. Un spectacle gouleyant ! ¶
Trina Mounier
Programme complet sur http://www.theatre-lacriee.com/#/spectacles/programmation
Billetterie : billetterie@theatre-lacriee.com ou 04 91 54 70 54
Marseille 7ème
Spectacle, concert
Heure de début : 18h30
Heure de fin : 19h30
Public : 20 adhérents qui bénéficieront d'un tarif réduit
Statut requis : Membre ou En Test
Contribution à verser d'avance :
Cette sortie est terminée
Gestionnaire : Théâtre de La Criée Animateur : Théâtre de La Criée
à tarif réduit (11€ adhérents, 8€ 12-25 ans, 6€ -12 ans)
Liste des participants
Début de la sortie : Mercredi 2 novembre 2016 - 18h30
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Forum d'échange
Début de la sortie : Mercredi 2 novembre 2016 - 18h30
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